Le brief
Un tableau de bord d'analyse produit pour une activité par abonnement. Le problème d'un tel outil n'est jamais la donnée : c'est qu'il y en a trop. Revenu récurrent, comptes actifs, taux de conversion, attrition, acquisition par canal, répartition des offres — tout est important, et donc plus rien ne l'est.
La commande portait sur l'interface : rendre lisible en un écran ce qui se lit d'ordinaire en cinq onglets.
Les contraintes
- Densité élevée assumée. Un dirigeant qui ouvre son tableau de bord veut tout voir, pas cliquer.
- Aucune couleur ne doit porter seule une information : un graphique lu par une personne daltonienne doit rester lisible.
- Les chiffres changent tout le temps : la mise en page ne doit pas bouger quand une valeur passe de 3 à 4 chiffres.
Les décisions
Deux niveaux de navigation, pas six.
Tout est rangé sous deux entrées : Pilotage — vue d'ensemble, audience, revenus, tunnels, rétention — et Espace — intégrations, réglages. La distinction n'est pas thématique, elle est temporelle : ce qu'on regarde tous les jours, et ce qu'on règle une fois. Cette séparation supprime à elle seule la moitié des allers-retours.
Le filtre temporel au-dessus de tout.
Sept, trente ou quatre-vingt-dix jours : un seul sélecteur en tête de page pilote toutes les vues. Un filtre par carte aurait permis des comparaisons impossibles — un revenu sur trente jours à côté d'une attrition sur sept.
Des chiffres tabulaires partout.
Toutes les valeurs sont composées en chasse fixe. Une colonne de montants s'aligne à la virgule, et un compteur qui s'actualise ne fait plus tressauter la mise en page. C'est un détail de trois lignes de style qui change la sensation de solidité de l'outil.
Le résultat
Une vue d'ensemble qui tient sur un écran : revenu récurrent net avec comparaison de période, comptes actifs, conversion, attrition, acquisition par canal et répartition des offres. Le tableau des comptes est triable, les données exportables, l'activité visible en direct.
Ce que je referais autrement
Il manque une alerte. Un tableau de bord qu'on doit penser à ouvrir ne sert que les jours où l'on y pense : le prochain chantier serait un seuil paramétrable sur l'attrition, notifié par courriel. La donnée est déjà là, c'est l'usage qui manque.
